jeudi 5 mai 2011

Un anniversaire bien morbide

Le 26 Avril 1986, il y a 25 ans, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait répandant dans l’atmosphère cent fois la quantité de radioactivité des sinistres bombardements de Nagasaki et Hiroshima durant la seconde guerre mondiale. En Biélorussie, en Ukraine, et en Russie, 150000 km2 de terre on été irradiés si fortement qu’une grande partie de la population a dû être évacuée faisant de la région un quasi no man’s land.

On pourrait se dire, c’était il y a 25 ans, chez des Russes pas forcement en pointe en terme de sûreté de ses installations. Sauf que la catastrophe du 11 Mars dernier à Fukushima au Japon (qui est l’une des premières puissances mondiales les plus évoluées au monde d’un point de vue technologique) nous rappelle les dangers et les incertitudes liées au nucléaire. D’ailleurs, le 12 avril dernier, l’Agence japonaise de sûreté nucléaire a pris la décision grave de relever le niveau de l’accident de la centrale de Fukushima de 5 à 7, soit le plus élevé selon l’échelle internationale des évènements nucléaires et radiologiques. Ce niveau signifie qu’un rejet majeur de matières radioactives s’est produit avec des effets considérables sur la santé et l’environnement

Peut-on du coup comparer les deux catastrophes ? Pas vraiment puisque le niveau des émissions radioactives enregistré depuis l’accident de Fukushima équivaudrait à environ 10% de celui mesuré en 1986 à Tchernobyl. Toutefois, pour les ingénieurs français de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, si les ingénieurs japonais ne parviennent pas à refroidir les réacteurs de manière significative d’ici les prochaines semaines, la totalité du combustible se retrouvera hors de l’eau et les rejets radioactifs seront très importants, les piscines se trouvant quasiment en plein aire, sans enceinte de confinement. On serait alors au même niveau de rejet que lors de la catastrophe de Tchernobyl.

Mais selon Stefan Füglister, expert nucléaire pour Greenpeace "Ces trois catastrophes ont ceci en commun, que de façon choquante, elles ne feront jamais partie du passé pour les êtres humains qu’elles ont touché. Comme le montre l’histoire des catastrophes nucléaires, les victimes doivent en subir les conséquences à long terme. Les conditions de vie dans les proches alentours de la catastrophe de Tchernobyl sont aujourd’hui encore très mauvaises, alors que près de cinq million de personnes y habitent." Une enquête récente de l'ONG montre que dans certaines régions, les doses de radioactivité contenues dans les denrées alimentaires dépassent les normes admises. Les chiffres des cancers de la thyroïde chez les enfants sont en hausse, alors que 80% des liquidateurs sont considérés comme malades.
Le 21 avril, EDF a convoqué pour la première fois la presse depuis la catastrophe de Fukushima. Et Greenpeace était présente pour se charger du comité d’accueil pour marteler au siège de l’entreprise que le nucléaire sûr n’existe pas. 

Il faut savoir qu’il y a quelques semaines, le président de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) André-Claude Lacoste, pointait du doigt 4 failles importantes de sécurité relevées sur l’EPR en relation directe avec la situation actuelle à Fukushima. Au point pour notre président d’envisager de mettre en place un moratoire sur la construction de ce nouveau réacteur en France ! Et là où la situation est encore plus cocasse, c’est que la France est engagée dans plusieurs projets EPR dans le monde, dont deux en Inde, dans la région de Jaitapur, une zone connue pour l’extraordinaire richesse de sa biodiversité mais également pour son risque sismique élevé. 

De plus, sur le JT de 20h de TF1, on a appris qu’un pharaonique projet était actuellement en cours d’élaboration pour enfermer sous un sarcophage hermétique pharaonique la centrale de Tchernobyl, projet qui coutera au moins 1 milliard d’euros et qui aura la taille d’un stade de football. Et devinez qui construit ce sarcophage ? Bouygues, entreprise française et également propriétaire de la chaine privée TF1. C’est beau le hasard tout de même ! 
On a quand même vu meilleure publicité pour une énergie soi-disant d’avenir ! Et après quand on parle de discussions démocratiques pour envisager la sortie du nucléaire, un certain personnage nous prédit un retour au Moyen-Âge si un tel débat a lieu ? Mais pour qui nous prend-on ? De quel droit n'aurions nous pas droit, nous citoyens, de nous emparer de ce sujet et de réclamer des énergies plus sûres, sans déchets radioactifs, sans risques d'accidents graves ? Et dilapider des ressources fossiles comme l'uranium c'est être moderne peut-être ? C'est faire exactement la même connerie que nos ancêtres. Mais suis-je bête, c'est pour les générations futures évidemment. A eux bien évidemment de se démerder et de payer pour nos idées rétrogrades.

La catastrophe de Fukushima l'a bien montré: face à des évènements naturels imprévisibles, même nos calculs en terme de sécurité et de sûreté sont bien en deçà de la réalité. Et en réalité, plus important que de sortir d'une énergie pour aller à un autre, c'est notre perception du risque et notre mode de consommation que nous devons changer.

mercredi 27 avril 2011

Iron - WOODKID



Deep in the ocean, dead and cast away
Where innocence’s burn in flames
A million mile from home, I’m walking ahead
I’m frozen to the bones, I am
A soldier on my own, I don’t know the way
I’m riding up the heights of shame
I’m waiting for the call, the hand on the chest
I’m ready for the fight, and fate
The sound of iron shocks is stuck in my head,
The thunder of the drums dictates
The rhythm of the falls, the number of deads
The rising of the horns, ahead
From the dawn of time to the end of days
I will have to run, away
I want to feel the pain and the bitter taste
Of the blood on my lips, again
This deadly burst of snow is burning my hands,
I’m frozen to the bones, I am
A million mile from home, I’m walking away
I can’t remind your eyes, your face

vendredi 22 avril 2011

Set fire to the rain - Adele

Combien de temps faudra-t-il encore avant que je puisse embrasser tes lèvres exquises et vivre enfin avec toi, toi la femme que j'attends depuis si longtemps, avec qui je partagerais mes délires comme mes peines ? Toi seule fais vraiment battre mon coeur. Et en regardant le ciel, je sais que tu regardes en ce moment le même ciel, et que nos yeux se rencontrent sans se voir. Mais nous savons tous les deux qu'un jour nous nous trouverons et que nos deux coeurs battront à l'unisson. 
Je ne rêve que de ce jour où je te sauverai de cette obscurité et t'emmènerai découvrir la beauté de ce monde. Ce qui me manque le plus, c'est de ne pas sentir ta main et ta peau contre la mienne, ne pas sentir cette odeur si enivrante. Le pire c'est que je ne sais où tu te trouves car je ne sais même pas qui tu es. 
Mais je sais que le jour où je te rencontrerai, je saurais que c'est toi sans dire un mot. Je le sentirai et nos deux coeurs trouveront enfin cette paix à laquelle nous aspirons pour vivre heureux et ensemble à jamais.

(Live from the Tabernacle, London, 24 January 2011)


I let it fall, my heart,
And as it fell, you rose to claim it
It was dark and I was over
Until you kissed my lips and you saved me

My hands, they're strong
But my knees were far too weak
To stand in your arms
Without falling to your feet

But there's a side to you
That I never knew, never knew.
All the things you'd say
They were never true, never true,
And the games you play
You would always win, always win.

But I set fire to the rain,
Watched it pour as I touched your face,
Well, it burned while I cried
'Cause I heard it screaming out your name, your name!

When I lay with you
I could stay there
Close my eyes
Feel you're here forever
You and me together
Nothing gets better

'Cause there's a side to you
That I never knew, never knew,
All the things you'd say,
They were never true, never true,
And the games you play
You would always win, always win.

But I set fire to the rain,
Watched it pour as I touched your face,
Well, it burned while I cried
'Cause I heard it screaming out your name, your name!

I set fire to the rain
And I threw us into the flames
Well, it felt something died
'Cause I knew that that was the last time, the last time!

Sometimes I wake up by the door,
That heart you caught, must be waiting for you
Even now that we're already over
I can't help myself from looking for you.

I set fire to the rain,
Watch it pour as I touch your face,
Well, it burned while I cried
'Cause I heard it screaming out your name, your name

I set fire to the rain,
And I threw us into the flames
Well, it felt something died
'Cause I knew that was the last time
The last time, oh, oh!

Let it burn
Let it burn
Let it burn

jeudi 21 avril 2011

"Way Back Home" - Danny MacAskill

Quand un écossais fou de BMX se met en tête de faire découvrir son pays en se servant des éléments de chaque paysage visité. Une manière originale de nous donner envie d'aller visiter l'Ecosse !

mercredi 20 avril 2011

Don't Stop Me Now

But de Funny Interpretative Dance dans l'émission Fast and Loose de la BBC2 ? Trouver le nom de la chanson alors que les participants n'entendent pas le morceau joué mimé par le comédien. Et c'est complétement désopilant !

lundi 18 avril 2011

Orelha Negra - M.I.R.I.A.M. X Vhils

Quand le graph-art côtoie la destruction, l'explosion révèle la création de tout un univers...

lundi 11 avril 2011

How to save a life - The Fray

Comment sauver la vie de quelqu'un qu'on aime, se dire que cette personne ne reviendra jamais par la suite? Complètement impuissant face à l'inéluctable, on se dit que la vie est injuste et qu'elle prend toujours en premier les gens qu'on adore le plus. Mais que faire ? Comment continuer à vivre normalement alors qu'on sait que la vie ne sera plus jamais comme avant sans eux ? Tu souffres à l'intérieur et tu ne pourras jamais oublier cette souffrance. Cela sera à jamais une part de toi ancrée dans ton âme. Qu'est ce qui fait que tu t'en sors ? Le fait de ne jamais cesser d'écouter ton coeur. Il faut se relever et avancer malgré tout car la vie continue. Le plus injuste c'est que malgré les malheurs, le monde continue à tourner et que cela ne change rien. Il faut continuellement se battre, croire en des valeurs essentielles, protéger les gens qu'on aime et se sentir libre de faire ce qu'on croit être juste.

Step one you say we need to talk
He walks you say sit down it's just a talk
He smiles politely back at you
You stare politely right on through
Some sort of window to your right
As he goes left and you stay right
Between the lines of fear and blame
You begin to wonder why you came

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life

Let him know that you know best
Cause after all you do know best
Try to slip past his defense
Without granting innocence
Lay down a list of what is wrong
The things you've told him all along
And pray to God he hears you
And pray to God he hears you

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life

As he begins to raise his voice
You lower yours and grant him one last choice
Drive until you lose the road
Or break with the ones you've followed
He will do one of two things
He will admit to everything
Or he'll say he's just not the same
And you'll begin to wonder why you came

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life
How to save a life
How to save a life

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life

Where did I go wrong, I lost a friend
Somewhere along in the bitterness
And I would have stayed up with you all night
Had I known how to save a life
How to save a life

dimanche 10 avril 2011

Ma revue de presse de la semaine

LE MONDE - Nathalie Kosciusko-Morizet veut expérimenter le bannissement des véhicules les plus polluants à partir de 2012 --> ICI

Dans un chat sur LeMonde.fr, Bernard Laponche, physicien nucléaire, expert en politique énergétique, estime que la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité, jusqu'à sa disparition d'ici vingt ans, est crédible --> ICI

L'EXPRESS - 80% des travailleurs du nucléaire au Japon sont en fait des sous-traitants, recrutés parmi les couches les plus paupérisées de la population japonaise. Enquête sur les "gitans du nucléaire" --> ICI 

OWNI.FR - Le pétrole éthique n'existe pas --> ICI

Selon SLATE.FR, la France n'est pas préparée au pire scénario nucléaire. Les plans d'urgence des autorités ne concernent qu'un rayon de 10km autour des centrales. L'évacuation de grandes villes comme Lyon ou Bordeaux n'est pas envisagée, alors qu'elles se situent à des distances relativement réduites d'installations nucléaires --> ICI

Et toujours selon SLATE.FR, au PS ce n'est guère différent mais dans un autre style --> ICI


samedi 9 avril 2011

Le paradis noir

Aujourd’hui, les compagnies pétrolières tentent désespérément de repousser des limites auparavant considérées comme infranchissables, trop risquées ou non rentables. Cette expansion effrénée touche désormais l’Arctique, où la fonte des glaces causée par les changements climatiques ouvre la voie à de vastes régions jusque-là préservées.
Les dangers de l’exploitation pétrolière en Arctique sont immenses. Il faudrait bien plus de temps à une marée noire pour se dissiper dans des eaux proches d’un état de glace que dans des eaux plus tempérées. Températures glaciales, conditions climatiques extrêmes et éloignement géographique constituent de sérieux obstacles aux interventions de dépollution. De plus, la présence de nappes d’hydrocarbure dans les eaux arctiques serait synonyme d’empoisonnement pour un écosystème marin unique au monde. Les industriels sont incapables de garantir qu’une marée noire ne surviendra pas, et leurs plans d’intervention en cas de catastrophe restent largement inadaptés.


Des réserves immenses de gaz et de pétrole

D’après l’institut américain d’études géologiques, l’USGS, l’Arctique renfermerait environ 30 % des réserves de gaz et 13 % des réserves de pétrole non encore découvertes dans le monde. Au cours des dernières années, les permis de forage se sont multipliés et les activités de prospection se sont rapidement développées. On estime qu’environ 84 % des réserves de gaz et de pétrole non découvertes de l’Arctique se situent en mer, dont quelque 90 milliards de barils techniquement extractibles.
Si l’on part de l’hypothèse qu’un baril, après raffinage et combustion du pétrole, génère environ 300 kg de CO2, les réserves offshore extractibles de l’Arctique pourraient être à l’origine de l’émission de 27 milliards de tonnes de CO2 – un volume comparable à ce qu’émet chaque année l’ensemble des pays de la planète.

L'un des écosystèmes les plus fragiles de toute la planète

L’écosystème de l’Arctique est peut-être l’un des plus vulnérables aux marées noires. En raison des températures basses, d’un manteau glaciaire épais et d’un renouvellement lent des espèces végétales et animales, les substances toxiques persisteraient dans l’environnement, risquant ainsi de contaminer les organismes. Par ailleurs, la faible luminosité de la région ralentirait la fragmentation des nappes de pétrole. La région abrite de nombreux oiseaux marins, notamment des guillemots de Brünnich, des cormorans, des mouettes tridactyles et des eiders à tête grise.
Les oiseaux de mer sont particulièrement vulnérables aux marées noires, le pétrole pouvant détériorer les propriétés thermiques de leurs plumages. De plus, les eaux froides préservent davantage les capacités adhésives et nocives des hydrocarbures.
L’Arctique est également l’habitat d’espèces de mammifères marins uniques au monde. Les baleines du Groenland, les narvals, les baleines blanches, les bélugas et les morses se rendent tous les hivers dans le détroit de Davis et la mer de Baffin. Les phoques barbus se rassemblent également dans la région en période hivernale. 

Entre mai et juin, le petit rorqual, la baleine à bosse, le rorqual commun et la baleine bleue arrivent de l’hémisphère sud. Les phoques annelés sont présents toute l’année. Le phoque du Groenland et le phoque à capuchon commencent leur migration le long des côtes ouest du Groenland entre mai et juin, et s’installent dans la région jusqu’à novembre-décembre. Les ours polaires peuvent également élire domicile dans la région de février à mai. Les nappes de pétrole sont un risque particulièrement important pour les bébés phoques, qui ont besoin de leur pelage de naissance pour se protéger du froid. 

Si une marée noire avait lieu aujourd'hui en Arctique, cela déclencherait toute une série d’évènements incontrôlables…

Les espèces continentales, telles que les ours ou les renards polaires, dépendent fortement des ressources côtières pour leur alimentation. Or les espèces côtières, en consommant des proies ayant été exposées aux hydrocarbures, assimileraient un volume important de substances toxiques, du fait de la bioaccumulation. Ainsi, "l’empreinte" d’une marée noire pourrait s’étendre jusqu’à l’intérieur des terres.
Les conséquences d’une marée noire pourraient être encore plus importantes au cours des mois estivaux, du fait des migrations saisonnières de certaines espèces telles que les baleines bleues ou les saumons, et de la période de reproduction des oiseaux migratoires, des millions d’oiseaux faisant étape en Arctique.
La construction de plateformes pétrolières ou d’oléoducs menace directement les coraux d’eau froide, qui pour certains ont plus de 2 000 ans et comptent parmi les plus vieux animaux vivants de la planète. Les activités de pêche, qui représentent une valeur totale supérieure à 2,5 milliards de dollars, se déroulent à 80 % dans trois régions de l’océan Arctique justement convoitées par les compagnies pétrolières : le Groenland oriental, la mer de Norvège et la mer de Barents.

Les risques en cas de marée noire

D’après les estimations de l’agence américaine Minerals Management Service, les blocs de concession situés dans l’océan Arctique ou à proximité de l’Alaska ont une chance sur cinq d’être à l’origine d’une marée noire importante au cours de leur durée d’exploitation. Ainsi, plus le nombre de blocs exploités sera élevé, plus les risques de marée noire seront importants. Au cours des dernières années, les dangers liés aux icebergs ont augmenté car plusieurs grands glaciers du Groenland ont commencé à se désintégrer en raison des changements climatiques.
Un immense bloc de glace, d’une superficie égale à quatre fois celle de Manhattan, s’est récemment détaché du glacier de Petermann. Il devrait dériver en direction du détroit de Nares, pour rejoindre ensuite la mer de Baffin et s’engouffrer dans le courant du Labrador. Il est probable que certains de ces icebergs soient trop gros pour être remorqués hors du passage des appareils de forage. En d’autres termes, les plateformes elles-mêmes devront être retirées à brève échéance.
Cairn Energy admet que l’Arctique pose des défis extrêmes, et que la "logistique est complexe". Le groupe affirme qu’il met actuellement au point une méthode d’intervention spécifique au Groenland et, d’après ses rapports, l’entreprise disposerait dans la zone de 14 navires équipés de l’infrastructure appropriée. À titre de comparaison, le plan d’intervention mis en place dans le golfe du Mexique pour tenter de résorber la marée noire de BP impliquait une flotte de 6 500 embarcations...

Il est très difficile de détecter la présence d’hydrocarbures sous la glace et parmi les morceaux de calotte glaciaire, et les experts sont d’avis qu’il est impossible de contenir un déversement de pétrole emprisonné sous un épais corps de glace et c'est d'ailleurs pourquoi Ron Bowden, haut responsable d’une entreprise canadienne spécialisée dans les interventions post-marées noires, a déclaré qu' "il n’existe, à l’heure actuelle, aucune solution ou méthode qui nous permettrait de récupérer du pétrole en cas de marée noire en Arctique".  Les bateaux "récupérateurs", utilisés en grand nombre dans le golfe du Mexique, sont simplement inefficaces si la présence de glace les empêche d’atteindre les nappes d’hydrocarbure. Plus de deux décennies après le naufrage de l’Exxon Valdez en 1989, les effets de la marée noire dans le golfe de l’Alaska se font encore sentir, en mer comme sur le littoral.

Des poches de pétroles sont toujours enfouies sous les sédiments et les plages de galets. Les populations de loutres de mer, qui avaient diminué de moitié, ne sont pas encore pleinement reconstituées, et les populations locales de mammifères marins sont au bord de l’extinction, les substances toxiques s’étant infiltrées dans leurs sous-couches graisseuses. Le nombre d’orques épaulards (Orcinus orca) a diminué de 40 %35, et leur survie dans la baie du Prince William (au sud de l’Alaska), semble fortement compromise.
Même sans marée noire majeure, la conduite permanente d’activités industrielles, telles que l’exploration, la prospection sismique ou l’extraction de pétrole en mer, pourraient perturber la migration saisonnière des baleines, la montaison des saumons et les périodes de reproduction des oiseaux migratoires.

Les dégâts inestimables causés à la faune et à la flore dans la baie du Prince William, région de l’Alaska touchée par la marée noire de l’Exxon Valdez en 1989, nous rappellent quelles peuvent être les conséquences d’une marée noire dans un environnement polaire.
La quantité de pétrole déversée lors de cette catastrophe se limitait à celle contenue dans les soutes du pétrolier (40 000 tonnes). Comme nous l’avons vu dans le golfe du Mexique, l’explosion d’un puits offshore peut entraîner le rejet de quantités inestimables de pétrole dans l’environnement marin. Aucune compagnie pétrolière ne peut garantir qu’un accident similaire ne pourra jamais se produire en Arctique.

Fait inquiétant : avant que la catastrophe du golfe du Mexique ne vienne mettre un terme à la procédure, les compagnies pétrolières avaient demandé au gouvernement canadien de revenir sur les règles de sécurité qui permettent de prévenir l’explosion incontrôlable des puits forés dans la mer de Beaufort, en Arctique46. Ces compagnies, notamment Imperial Oil (propriété d’Exxon) et BP, avaient en effet demandé à l’Office national canadien de l’énergie d’assouplir la réglementation, qui stipule qu’un puits de secours doit être mis en place simultanément au puits principal.
Les puits de secours sont notamment utilisés pour réduire la pression en cas d’éruption et faciliter les opérations de fermeture du puits principal, ainsi que pour diminuer l’ampleur des fuites. Mais en Arctique, la période de forage étant de courte durée, il pourrait être impossible de mettre en place un puits de secours avant l’arrivée du gel hivernal. Ainsi, le pétrole pourrait continuer à se déverser dans l’océan jusqu’à ce que les opérations de forage puissent reprendre, après la saison hivernale. En cas d’explosion d’un puits en mer de Beaufort, où trois saisons sont parfois nécessaires pour construire un seul puits, le pétrole pourrait donc fuir pendant plusieurs années.

Pour appuyer sa demande, la compagnie Imperial Oil avait affirmé que le forage d’un puits de secours et d’un puits principal au cours de la même saison ralentirait l’exploitation des ressources pétrolières en mer de Beaufort, sans doute parce que l’installation d’un puits de secours implique des coûts élevés. Autrement dit, le principal argument de la compagnie était que les activités de forage en mer de Beaufort auraient un coût rédhibitoire si elles devaient être menées avec de véritables garanties de sécurité. Si l’exploitation pétrolière ne peut se faire en toute sécurité, alors elle ne devrait pas se faire du tout.


vendredi 8 avril 2011

Pour une révolution énergétique, maintenant !

Greenpeace et le Centre Aérospatial allemand ont développé un scénario (disponible à cette adresse http://www.greenpeace.org/raw/content/france/presse/dossiers-documents/revolution-energetique-2010.pdf) afin de sortir de notre société énergivore.  
Ce rapport montre qu’il est possible d’ici 2050 de réduire nos émissions de CO2 d’au moins 70% par rapport aux niveaux de 1990. Le but est aussi de montrer qu’on peut éliminer progressivement et définitivement l’énergie nucléaire.
Cela passe bien évidemment par une combinaison d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Bref, c’est du tout benef, puisque cela permettrait à l’Europe et à sa population d’acquérir une véritable indépendance énergétique sans être prisonnier des fluctuations du marché de l’énergie.

On peut arriver à l’échelle d’un pays à une consommation 4 à 10 fois plus basse qu’aujourd’hui en faisant des trucs tout bêtes comme améliorer l’isolation thermique et l’architecture de nos bâtiments, remplacer nos vieux chauffages électriques par des systèmes fonctionnant avec le renouvelable, fabriquer des véhicules moins gourmands en énergie. On peut aussi empêcher les pertes d’énergies lorsqu’on convertie et transmet cette énergie. 

Comment ? En décentralisant les réseaux électriques et en étendant l’utilisation de la cogénération (qui produit simultanément chaleur et électricité en utilisant un seul et même carburant dans une installation se trouvant au plus près des consommateurs, le tout minimisant les pertes en recouvrant la chaleur qui serait normalement perdue dans un générateur électrique et en économisant également le carburant qui pourra être réutilisé).
Les systèmes de chauffages et de refroidissements capables d’utiliser la cogénération sont les collecteurs solaires (solaire thermique), la biomasse, le biogaz, et l’énergie géothermique qui pourront se substituer à terme aux systèmes de chauffages et de refroidissements à base d’énergies fossiles.

Par rapport à la gestion de notre réseau électrique européen, il y a également beaucoup d’efforts à faire car plus de la moitié des centrales électriques dans l’Union Européenne ont plus de 20 ans ! C’est pour cela qu’il faut réfléchir dès maintenant à ce que nous allons faire pour renouveler ce gigantesque chantier. Et la seule solution pour ne pas aggraver l’emballement climatique demeure le renouvelable et l’abandon progressif du nucléaire d’ici 2050qui est une fausse solution contre le dérèglement climatique.

Mis à part le risque d’accident nucléaire comme à Tchernobyl ou actuellement à Fukushima, le problème éternel du recyclage des déchets nucléaires, la possibilité d’un attentat terroriste contre au moins une centrale, l’utilisation hypocrite et assez scandaleuse de l’uranium pour perpétuer la prolifération des armes nucléaires (en faisant passer maintenant ces armes pour de l’uranium appauvri pour contourner le fameux traité anti-prolifération), le nucléaire émettra toujours peu de GES par rapport au pétrole et au charbon. Admettons qu’on relance le nucléaire d’ici 2030 à l’échelle mondiale. On multiplierait par 3 le nombre de centrales dans le monde et avec un investissement astronomique de 780 milliards d’Euros….on ne réussirait qu’à réduire de 9% nos émissions de CO2. 

Où se trouve l’efficacité énergétique ? Elle n’existe pas (d’autant plus qu’on épuiserait les réserves mondiales d’uranium dès 2030, vive la soi-disant énergie non-fossile) ! Le souci, c’est qu’aujourd’hui l’industrie nucléaire cannibalise la quasi-totalité des budgets recherche et développement accordés à l’énergie. Du coup, il n’y a quasiment pas de recherche sur les énergies renouvelables alors que ce sont les énergies de demain.

Pour sortir du nucléaire en France (nation par excellence du nucléaire), il est indispensable de mettre un frein aux gaspillages énergétiques (surtout quand on sait que l’enrichissement d’uranium consomme à lui seul la production de 3 réacteurs). Commençons par le réseau électrique… Le transport du courant sur les réseaux électriques provoquent de grosses pertes énergétiques. En fait, le changement des transformateurs électriques les plus énergivores permettrait de fermer un réacteur nucléaire de 1900 MW. Maintenant, venons-en à l’électricité que nous exportons aux autres pays européens (nous sommes d’ailleurs le premier pays exportateur d’électricité en Europe). Il y a 30 ans, un brin chauviniste, nos politiciens ont surévalué la consommation d’électricité à venir lors de la construction de notre parc nucléaire. Du coup, il y a beaucoup trop de réacteurs nucléaires en France et nous exportons tellement que lors des fameux pics de consommation, le réseau surcharge et c’est la panne générale. Réduire les exportations tout en assurant à tout français du courant même en période de pic, permettrait la fermeture de 10 réacteurs nucléaires.
L’éclairage public est également un gisement important d’économies d’énergies. La solution serait d’implanter aux lampes les plus énergivores des ballasts (qui améliorent le rendement des lampes et accélèrent leur allumage), et ajuster l’éclairage aux besoins grâce à l’implantation de régulateurs.

Deuxième fausse bonne idée: le captage et de stockage de CO2.
L’idée de piéger le CO2 et de le stocker sous la mer ou dans la terre peut sembler séduisante à première vue, mais il existe encore beaucoup de problèmes dans cette nouvelle technique. Primo, selon les scientifiques, le procédé ne pourra être au point qu’en 2050 (donc après la bataille contre le réchauffement climatique). Deuxio, cette technologie coûte extrêmement chère. Tertio, cela engendrera de gros impacts sur l’environnement puisque cela nuira à de nombreux écosystèmes situés à proximité des zones de stockage, et cela accélérera l’acidification de nos océans. Donc ce n’est clairement pas une bonne solution puisqu’elle ne fait que perpétuer notre dépendance aux énergies fossiles tout en se donnant bonne conscience afin de continuer à polluer davantage.

Une des solutions de ce rapport intitulé « Révolution énergétique » est de sauver les forêts afin de sauver le climat…car aujourd’hui, près de 20% de nos émissions de GES sont imputables à la destruction des forêts tropicales humides et en particulier des forêts primaires. Il s’agit de la deuxième cause du changement climatique en cours. Véritables poumons de la planète, elles stockent à elles seules la moitié du carbone terrestre. Tous les 2 ans, c’est environ 2 millions d’hectares qui partent en fumée en Amazonie, tout ça pour planter du soja (souvent OGM) et élever du bétail. En Afrique centrale, et notamment dans les forêts du bassin du Congo, l’exploitation illégale du bois risque de libérer 34.4 milliards de tonnes de CO2 d’ici 2050 si l’on n’arrête pas cette surexploitation.
En Indonésie, le développement accéléré des agrocarburants à base notamment d’huile de palme a déjà détruit 40% de la forêt indonésienne. Sans compter la faune et la flore qui y sont massacrés, les populations autochtones qui y sont chassées. Il faut arrêter cette folie ! Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, lisez le témoignage poignant de la primatologue Emmanuelle Grundmann intitulé « Ces forêts qu’on assassine ».

On pourrait se dire que les agrocarburants sont une alternative intéressante au pétrole, sauf qu'il s'agit encore une fois d'uen fausse bonne idée. Oui car ce sont des carburants issus de produits agricoles qui sont en train de se développer dans de plus en plus de pays émergents notamment au Brésil (avec l’éthanol produit à base de canne à sucre) et en Indonésie (avec l’huile de palme). Le souci, c’est que pour cultiver ces nouveaux carburants, on détruit des pans entiers de forêts. Alors on pourrait se dire, pourquoi pas puisqu’on utiliserait les céréales et des plantes pour à la fois se nourrir et mettre du carburant dans son véhicule. L’autre problème c’est que les champs agricoles servant à la culture des agrocarburants ne sont réservés qu’aux carburants (et empiètent désormais sur les surfaces agricoles réservés jusqu’ici à la nourriture). Donc au final, plus de GES avec la déforestation et moins de nourriture alors que toute la population terrestre ne mange même pas à sa faim. C’est le monde à l’envers ! D’ailleurs, si vous voulez développer cette thématique, n’hésitez pas à lire cet excellent livre de Fabrice Nicolino intitulé « La faim, la bagnole, le blé, et nous »

Au lieu de dépenser inutilement son temps et son énergie à essayer de donner une image plus écolo à des sources d’énergies dangereuses et polluantes, nos politiciens devraient adopter d’urgence des plans d’efficacité énergétique qui feraient d’ailleurs de très bons plans de relance économique en terme de créations d’emplois. Cette ambition est tout à fait réalisable, et c’est pourquoi je crois en l’utilisation d’énergies renouvelables sans nucléaire, sans captation de CO2, et sans agrocarburants. Prenez donc à la révolution énergétique !

jeudi 7 avril 2011

Le nucléaire, c'est bon pour les affaires

Avec les récents évènements qui ont frappé le Japon, la France s'est vantée avec tout le chauvinisme qui caractérise notre peuple d'être à la pointe en matière de sûreté et sécurité nucléaire. Dans la réalité, est-ce vraiment le cas ?

C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui la direction du Brésil où nous retrouvons notre champion de l'énergie nucléaire Areva. Sur le site d'Angra dos Reis, la multinationale est en train de monter une nouvelle centrale nucléaire avec l'aide des banques françaises et notamment de BNP Paribas. En effet, l'objectif d'Areva est d'exporter son savoir faire énergétique au marché chinois, indien, et brésilien. Jusque là, on peut se dire que tout est normal, mais cela va se compliquer.

Quel rapport y a-t-il entre BNP Paribas et le nucléaire ?
Il faut savoir que la construction d'un réacteur coûte cher (c'est à dire plusieurs milliards d'euros) et certaines banques françaises prêtent de l'argent à ces pays en voie de développement via des garanties d'Etat. Qu'est qu'une garantie d'Etat ?

Le mécanisme est simple : lorsque l'importateur (étranger) risque de ne pas rembourser la facture, l'exportateur qui a souscrit un contrat d'assurance avec l'organisme assureur (la Coface pour la France), le sollicite pour qu'il le paie à la place du client défaillant. Si le montant des indemnisations versées par l'organisme assureur est supérieur au montant des primes d'assurance perçues, il se rembourse, en toute légalité, dans le budget public.
Ce mécanisme intervient lorsque les risques liés aux exportations sont trop importants pour être couverts par le secteur privé (risque monétaire, risque politique). Autrement dit l'objectif de ce système est de transférer le risque qui pèse sur une transaction de l'investisseur privé, à savoir la banque, vers l'État, à savoir le contribuable.

Pour être certain que la Banque soit impliquée dans le projet qu'elle va financer, l'organisme d'assurance-crédit ne peut pas assurer la totalité du projet : en France c'est pourtant 95% du montant prêté par la banque qui sera garanti.
En garantissant 95% du montant du prêt, l'État donne une subvention indirecte aux banques privées pour qu'elles financent l'exportation des technologies nucléaires nationales.
Le système est particulièrement pervers. En effet, comme la banque n'assumera pas les risques financiers de cette opération, elle ne fait pas d'analyse des risques environnementaux liés au projet autre que celle réalisée par l'agence de crédit à l'exportation, largement partie prenante au projet :

Ce mécanisme permet donc à la banque de contourner les règles internationales qui régissent le financement de projet. Ces règles prévoient notamment le recours à un consultant extérieur et indépendant du client pour évaluer les risques environnementaux liés au projet (principes de l'équateur signés par les grandes banques françaises) Ce mécanisme aboutit au financement de projets ne respectant pas les standards internationaux de sûreté en matière nucléaire, un minimum en la matière, projets qui ne pourraient pas voir le jour en Europe.

Autrement dit, les banques occidentales reçoivent de la part des États nucléaires des subventions pour financer aveuglément des projets nucléaires dangereux à l'étranger, leur permettant ainsi d'exporter leurs technologies. Au total, ce sont 175 milliards d'euros qui sont partis dans des projets nucléaires étrangers entre 2000 et 2009. 3 banques françaises sont impliquées dans ce business assez trouble: la BNP Paribas, la Société Générale, et le Crédit Agricole.

A l'étranger, il n'existe pas de niveaux équivalents de sûreté que l'on pourrait comparer aux normes françaises et européennes.

Le début de la construction de ce réacteur au Brésil a débuté en 1984. Mais deux ans plus tard, le chantier fut abandonné car il n'y avait plus assez d'argent pour financer le projet. Mais en 2010, Areva et aux banques françaises reprennent exactement le même projet avec la bénédiction du gouvernement Lula. Ce qui signifie qu'Areva se base sur des plans dont la conception date d'il y a 30 ans accompagné d'un retard sur le plan technologique de 20 ans.

Que font donc les brésiliens ? Il n'y a donc personne pour sonner la sonnette d'alarme ?
Il faut savoir qu'aujourd'hui qu'il n'existe pas d'évaluation de la sureté et des risques de ce projet controversé. Certes, un rapport d'experts de la Commission Nationale de l'Energie Nucléaire (CNEN) a détaillé en 99 points...pourquoi ne pas poursuivre la construction de ce réacteur. Mais la direction de ce service brésilien de sûreté a fait le choix de ne pas prendre en compte les objections de ses experts car la CNEN ne fait pas que contrôler la sûreté de ses centrales. Mais elle exploite également les réacteurs expérimentaux et vend elle-même son minerai d'uranium nécessaire à l'élaboration du combustible nucléaire qui alimentera ses centrales. Ce qui s'apparente de manière flagrante à un grave conflit d'intérêt.

Direction à présent en Inde où Areva construit pour 5 milliards d'euros, deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR, à Jaïtapur, dans l’état du Maharastra sur une faille sismique.
La région de Jaïtapur est traversée par trois failles tectoniques. Au cours des 20 dernières années, de nombreux tremblements de terre ont été recensés dans cette zone. Le plus violent, enregistré en 1967 à une centaine de kilomètres de Jaïtapur, affichait une magnitude de 6,5 sur l’échelle de Richter. Entre 1990 et 2000 un séisme d’une magnitude supérieure à 6 sur l’échelle de Richter et deux supérieurs à 5 ont été mesurés dans la région de Jaïtapur.
Sur l’échelle de risque indienne, la zone de Jaïtapur est classée à l’échelon 4 sur 5 avec des séismes pouvant atteindre une magnitude de 7 sur l’échelle de Richter. Jamais une centrale nucléaire n’a encore été exposée à une telle magnitude.


C'est pourquoi la population locale est très clairement opposée à ce projet (10000 personnes se sont rassemblées en décembre dernier pour manifester leur opposition à ce proket). Des dizaines de manifestants ont été arrêtés et emmenés dans des fourgons de police, selon l’agence Press Trust of India (PTI) et parmi les personnes interpellées, figurent des leaders de la contestation du projet. La manifestation rassemblait des pêcheurs et des paysans accompagnés de leurs familles, qui devront déménager pour laisser la place à la construction des réacteurs. Les villageois ont d'ailleurs refusé les compensations financières versées pour le rachat forcé de leurs terres.
Ces habitants craignent à juste titre de voir leur pêche contaminée et de perdre leurs terres agricoles. L’assurance des autorités selon laquelle le projet devrait transformer l’économie locale et créer de nouveaux emplois a été accueillie avec beaucoup de scepticisme parmi la population locale.

Sur les aspects dangereux du projet, la BNP se veut bien entendu rassurante : elle assure être en mesure de faire pression pour faire progresser les critères de sureté en Inde, en conditionnant l’attribution du prêt à une progression sur certains aspects et notamment la sûreté et la sécurité du projet, conditionnalité qui là encore ne sera pas diffusée au grand public.
En résumé la BNP assure faire des études indépendantes qu’elle prendra en compte mais dont les résultats ne pourront être communiqués, elle assure aussi avoir une marge de manœuvre et pouvoir faire progresser la sécurité du projet mais là encore il faut les croire sur parole. Et l'argument sorti sur la sûreté de nos centrales après ce qui s'est passé au Japon ne tient même plus à un fil lorsqu'on voit ce qui se prépare au Brésil et en Inde.

Pour plus d'informations, consultez ces deux sites très bien documentés:

samedi 2 avril 2011

Le retour du vautour

D'accord, l'époque n'est pas vraiment à l'optimisme: chômage, précarité, crise financière, crise climatique, crise alimentaire, conflits à travers le monde, dictatures, corruption, individualisation de la société au détriment du collectif.... Mais ce n'est pas à cause de tout ça que l'on doit devenir complètement idiot et bêler devant le premier mouton qu'on rencontre.

C'est pourtant ce que certains font lorsqu'ils donnent du crédit à des personnalités comme Eric Zemmour. Et se vacciner contre de telles personnes est nécessaire aujourd'hui si justement on veut avoir un esprit libre et indépendant. Certains me répondront qu'il a le droit de parler grâce à la fameuse liberté d'expression (qu'on utilise à tout va aujourd'hui, même si c'est pour dire des conneries plus grosses que soi, et encore plus si les sources ne sont même pas vérifiées). On a d'ailleurs voulu mettre Stéphane Guillon dans le même panier que cette sinistre personne. La grande différence, c'est que Guillon est un humoriste spécialiste du cynisme et de l'humour noir, faisant exploser son talent pour asséner à certains des vérités qui font mal à entendre (et en plus on en rigole vraiment). Moralité: on a le droit et le devoir de rire de tout, mais on ne peut pas dire tout et n'importe quoi.

Au départ, j'ai cru comme tout le monde que Zemmour se reconvertissait dans l'humour (un humour à la Dieudonné quoi, provocateur, raciste, faisant monter sur scène des négationnistes de la Shoah, étant soutenu par des groupes extrémistes au Liban et en Palestine demandant l'éradication d'une certaine communauté, bref un humour....qui n'est en fait plus de l'humour vu qu'il pense vraiment ce qu'il dit). Mais malheureusement Zemmour est un critique littéraire, cinématographique, et musical qui a la particularité de prendre un certain plaisir pervers à humilier les personnes en face de lui. Récemment condamné pour incitation à la haine raciale et élevé au rang de saint patron des martyrs de la liberté d’expression par un parti républicain populaire de droite, Eric Zemmour avait déclaré: "En banlieue, tous les trafiquants sont des noirs et des arabes, c'est un fait". D'abord, comment peut-on dire que c'est un fait lorsqu'il n'y a aucunes statistiques sur le sujet. Il aurait été plus judicieux et surtout plus juste de dire qu'en banlieue, une minorité très défavorisée (où on peut trouver toute sorte de Français: qu'ils soient blancs, noirs, beurres, jaunes, on s'en fout à la limite) tombe dans la délinquance et le trafic de drogue notamment. Clairement exprimée ainsi, la phrase de notre adoré critique signifie, tous les noirs et arabes dans les cités sont des méchants qu'il faut punir, les blancs eux sont tous des gentils.

Eric Zemmour n'est en fait que la caricature du raciste de base. Fils d'immigré, ayant souffert de par ces origines de l'antisémitisme et du nazisme, il se complait à réveiller dans les cerveaux de certains de nos concitoyens nostalgiques de Vichy et du IIIème Reich des pulsions d'un autre âge. Tout le monde dansait en boîte à l'époque sur le célèbre tube "Maréchal nous voilà" en pointant le bras vers le ciel en guise de chorégraphie. En même temps, c'est tellement facile d'être méchant. C'est vrai, pourquoi se fatiguer à être ne serait-ce qu'une fois respectueux. Ils font vraiment chier ses défenseurs des droits de l'homme (déjà qu'on a les écolos sur le dos).

Très sérieusement, on peut difficilement être à l'aise avec les soutiens de Zemmour qui se trouvent plutôt vers le côté obscur de la droite. Mais bon, de toute façon, il n'en est pas vraiment à son premier coup d'éclat. Voici quelques exemples qui m'ont immunisé à vie de ce vautour. C'est vrai qu'il a le même regard et sourire que l'animal avant de dépecer son cadavre, mais même un vautour n'est pas aussi cruel puisqu'il ne s'attaque qu'aux animaux morts et en putréfaction (alors que Zemmour lui s'attaque directement à l'animal vivant). 


Rappelons en ce lieu mes frères ses saintes paroles empreintes de douceur et d'humanisme:

Selon lui les arabes ne savent soit-disant pas lire et n'ont aucune culture (on a du apprendre les chiffres et la science mathématique pour rien alors, sans compter les nombreux scientifiques dits arabes qui nous ont permis de sortir de l'obscurantisme religieux qui prévalait au Moyen-âge, même si après ça nos rois n'ont pas forcement rendus plus heureux le peuple_période par ailleurs chérie de notre cher critique et où je l’imagine très bien dans le rôle du grand inquisiteur_).

Toujours selon ce très saint homme, la femme n'est soit disant destinée qu'à être une prostituée, une dévergondée qui restera toujours inférieure à l'homme (je plains sa propre femme, et souhaite pour son bien-être qu'elle soit sourde et qu'elle ne sache pas lire sur les lèvres....même si du coup un prêtre soutenu par sa hiérarchie aurait pu en abuser)

Selon lui, il faut rétablir la peine de mort, abolir la liberté de la presse et le droit d'avorter librement (au XXIème siècle, à l'heure où nous devons nous battre pour nos libertés et défendre notre humanisme, ces idées sont novatrices et porteuses d'un amour fou pour le genre humain). Pourquoi ne pas aller plus loin, et légaliser la torture (pas les animaux on le fait déjà, mais sur les humains évidemment, même si certains ne se gêne pas pour le faire dans d'autres pays avec l'aval de grandes puissances). On pourrait également  emprisonner tous ceux qui s'opposent au pouvoir (à la Bastille et qu'on leur coupe la tête !) et légaliser le viol. Enfin, grâce tous les morts que ce retour à l'archaïsme pourra amener, le vautour pourra dépecer enfin du cadavre (à défaut, cela explique sans doute pourquoi il s'exerce sur les vivants).

Evidemment c'est facile de dire qu'il faut envoyer les flics et l'armée dans les cités quand on ne fait que regarder Julie Lescaut et Carré Viiip sur TF1. Mais ce qui est le plus choquant, c’est que nos politiciens donnent du crédit à des personnalités aussi controversées en ne se battant plus sur des programmes, mais en se battant sur les origines de l'autre ou sur les erreurs qu'il aurait pu faire dans sa jeunesse, tout en empiétant avec de grosses chaussures dégueulasses la vie privée et les libertés individuelles de chacun. Puis, c'est aussi facile de parler de la défense des droits de l'homme lorsqu'on fait du trafic d'armes et qu'on vend notre sale technologie nucléaire à d'autres pays (après on fait semblant de gueuler qu'untel ou untel veut développer l'armement atomique tout en soutenant les pires régimes dictatoriaux).

Et tout ça pour faire quoi ? Du blé et encore plus de blé....qui ne nourrira même pas les êtres humains qui crèvent de faim, de soif, et que nous sommes les premiers à expulser de notre pays car nous ne comprenons pas pourquoi ils viennent en France, pays des droits de l'homme, de la révolution, et des libertés. Laissons ces obscurs crétins se complaire dans un intellectualisme qui ne fait pas avancer les choses, bien au contraire. Battons-nous pour de plus grandes causes, mais ensemble, sans tomber dans le piège de la division et du chaos perpétuel dans lequel certains voudraient nous faire tomber.

jeudi 31 mars 2011

Opération Aube de l'Odyssée

Enfin une victoire éclatante de la France dans la diplomatie internationale. En effet, c’est grâce à la pugnacité de notre président de la République, que les pays développés du monde entier apportent un soutien logistique militaire aux insurgés libyens qui résistent tant bien que mal aux bombardements de l’armée du terrible colonel Kadhafi. Il aura quand même fallu quelques semaines à ces pays pour décider d’intervenir militairement pour aider ces civils. Mais même après le massacre de milliers de civils par l’armée du colonel au beau visage momifié par le lifting, mieux vaut tard que jamais comme on dit. C’est comme une nouvelle victoire des Bleus ayant gagné pour la seconde fois la coupe du monde. On attendait tellement que l’on n’espérait plus rien. Et après des années de disette, de courbettes face aux dictatures, la récompense suprême. 

J’imagine sans le voir ces milliers de français qui se sont rassemblés devant le palais de l’Elysée, le quai d’Orsay, et Matignon pour chanter toute la nuit les louanges d’une telle décision. Même les Champs Elysées n’ont pas échappé à la règle et se sont retrouvés en l’espace de quelques instants noirs de monde. Comment ? Ah d’accord, autant pour moi, les gens ne sont pas allés fêter cette victoire dans la rue. Dommage parce que je pense qu’il n’y aura pas beaucoup d’occasion à l’avenir de fêter la moindre victoire. Oui je sais, on est défaitiste nous les français mais à force d’accumuler défaite sur défaite, même les plus grandes victoires paraissent inaperçues. Faut nous comprendre, on n’est pas habitué à avoir un tel rayonnement à travers le monde.

En même temps, on avait déjà fait la bourde de ne pas intervenir contre les dictatures tunisiennes et égyptiennes, alors on se devait de diriger la coalition en tant que nation des droits de l’homme (et faire style que la présidence française du G20 serve au moins à quelque chose). Mais tout cela n’a été possible que par l’intervention de notre nouveau ministre des affaires étrangères le très souriant Alain Juppé. Alors qu’un autre ministre aurait proposé au régime libyen le savoir-faire français en matière de matage des rébellions, notre ministre bien-aimé a lui décidé de s’opposer à la dictature. Après avoir accueilli avec faste le colonel qui voulait le même visage que Michael Jackson, et après avoir bien évidemment installé sa tente dans les jardins du palais présidentiel (ce qui est la moindre des choses), après tout ce cirque organisé pour vendre au dictateur libyen notre technologie militaire et nucléaire, le retournement de veste est spectaculaire. Mais seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis. Puis du moment que l’autre a claqué bêtement son fric sans garantie de livraison… 

Bref ce qui est assez caustique pour le coup, c’est que notre armée se bat avec les mêmes armes que l’armée de Kadhafi. Et oui, nous étions le premier fournisseur en armement de la Libye, ce qui fait de nous des spécialistes de premier plan pour savoir comment battre son armée de mercenaires. Le seul regret du gouvernement reste encore aujourd’hui de ne pas avoir réussi à vendre au colonel un porte-avion de type Charles-de-Gaulle. Vu l’efficacité redoutable de cet engin de dissuasion (surtout quand il s’agit de perdre des pièces essentielles en pleine mer comme l’hélice de propulsion par exemple), la guerre serait déjà terminée à l’heure où je vous parle. Mais on ne refait pas le passé.

Non, mais on était obligé d’agir parce qu’on se sentait vraiment mal à l’aise par rapport à notre responsabilité morale. Je suis sûr qu’encore aujourd’hui, des ministres sont sous Prozac et Lexomyl, pour tenir le choc. Je crois même qu’une cellule psychologique s’est ouverte dans les jardins du palais présidentiel (là où se trouvait la fameuse tente, hasard de la thérapie) afin d’arriver à surmonter le poids d’une telle responsabilité dans le massacre de tant de personnes. Faut dire qu’ils en bavent les pauvres membres du gouvernement. L’opposition s’opposent à eux, leur retraite est de plus en plus élevée et donc difficile à assumer face au Français, ils ont des frais de déplacement, de nourriture, de représentation gratuits. Puis pas une semaine tranquille à glander pépère, non il en faut toujours un pour sortir une bourde plus grosse que lui, et cela malgré les multiples remaniements présidentiels.

C’est dur d’être le chef et le représentant officiel de la diplomatie française. On doit se tenir droit sans bouger des épaules, sourire tout en ayant l’air naturel et sans rire d’un air moqueur, parler calmement avec courtoisie, savoir également s’exprimer correctement en anglais est un plus non négligeable en déplacement international (heureusement qu’il y a toujours des traducteurs à nos côtés). Il est loin ce temps ou le candidat Sarkozy fraichement élu lançait un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie, d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, et qu’ils peuvent compter sur elle. 

Depuis, la diplomatie française en a pris un coup avec les courbettes faites à Moubarak, Ben Ali, Bouteflika, Hu Jintao, Vladimir Poutine, Omar Bongo, Bachar El Assad. Sans compter les textos envoyés alors qu’il était en plein dialogue avec ses homologues étrangers, un stylo Mont-Blanc chapardé lors de la signature d’un contrat avec la Roumanie, l’affaire Joyandet et MAM, la fameuse petite phrase du discours de Dakar sur l’homme africain qui ne serait pas rentré dans l’histoire, le fiasco de l’amitié franco-allemande qui vire à la rock’n roll attitude, l’affaire Florence Cassez qui provoque la fureur de Mexico qui y voit une ingérence française, l’affaire Boris Boillon qui réussi l’exploit d’insulter dès sa prise de fonction les journalistes tunisiens. On attend la suite pour voir jusqu’où le prestige diplomatique pourrait descendre (peut-être en embrassant de force sur la bouche la chancelière allemande, ou faire un strip tease en plein sommet international pourquoi pas). Ah si, appeler l’opération militaire contre le régime totalitaire libyen « Aube de l’Odyssée » et parler de croisade, ca donne à cette intervention légitime un petit parfum biblique et injuste d’ingérence. Mais au moins la volonté d’agir y est, on ne peut pas le nier pour une fois.

Peut-être qu’à l’avenir devrions-nous arrêter de soutenir et financer des régimes totalitaires qui oppriment leur peuple, en ayant comme seule raison l’excuse de la rentabilité économique et le rempart contre l’intégrisme. Mais qu’est ce que la dictature si ce n’est une forme parmi d’autres d’intégrisme ? Peut-être que certains de nos politiciens devraient un peu moins applaudir les nouvelles démocraties à venir (pour lesquelles nous n’avons joué aucun rôle) et considérer la Chine, Cuba, ou même la Russie et le Venezuela comme des formes plus perverses de dictature mais tout aussi condamnables.
 

Claude Guéant chevalier de la table ronde

Aujourd’hui, je voulais exprimer mon soulagement et ma gratitude envers notre président de la République (très fin stratège politique). Après le départ d’Eric Besson du ministère de l’identité nationale (n’est-ce pas ?), celui de Brice Hortefeux du ministère de l’intérieur, oui je l’avoue, j’ai eu peur que ce gouvernement perde de la poigne envers les Auvergnats qui ne correspondent pas du tout au prototype, peur du retour des voleurs de poules, ou même de ceux qui refusent de participer (quels rabat-joies) aux apéros saucisson-pinard du meilleur goût.

Mais je suis bien et rassuré maintenant, car notre nouveau ministre (il a 66 ans) de l’Intérieur, j’ai nommé l’homme de paix et de maintien de l’ordre social Claude Guéant, a très largement supplanté ces prédécesseurs, et cela en moins d’un mois, réussissant même a réussir là où tous les autres ont échoué : gagner la carte Prestige du Front National qui vous donne droit à des réductions sur des produits estampillés « made in IIIème Reich », à des voyages gratuits dans les plus beaux camps de concentration du monde, et last but not least à avoir le privilège à votre mort de vous endormir paisiblement aux côtés des grands hommes qui ont marqué l’histoire du totalitarisme. 

Notre glorieux vainqueur a écrasé la concurrence sur place en prononçant ses paroles empreintes d’un réel humanisme : « Les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux ». Bravo, à toi digne représentant d’un mouvement populaire proche des Français. 

Mais après une telle récompense, on pense surtout à toute sa famille politique qui s’est évertuée durant ces dernières années à monter les Français les uns contre les autres. Il est d’ailleurs étonnant qu’en réponse à toute cette politique, on ne se heurte qu’à l’irrespect et au dédain. Quelle bande d’ingrats ! Après tout ce que vous n’avez pas fait pour eux, vous traiter de cette manière… Et si jamais par bonheur, il y avait de nouvelles émeutes, quelle joie cela serait de remettre sur la table une nouvelle fois le sujet de l’insécurité pour masquer les problèmes qui en valent vraiment la peine comme l’éducation, la santé, la justice, l’environnement, la recherche, l’économie, la culture mais c’est rien et puis en y réfléchissant c’est secondaire (surtout en pensant à tous ces branleurs ivrognes qui crèvent de faim et de froid dans la rue ou en pensant à toute cette masse de gens qui vivent dans des appartements luxueux et spacieux  de 10 m2 remplis de moisissures).

Non mais le débat fondamental aujourd’hui, c’est l’Islam, sujet principal de toutes les discussions à chaque repas de famille, c’est bien connu, arrivant toujours généralement avant le dessert et après quelques verres de litres de rouge. Un sujet utile, pacificateur, purgatoire même, un peu comme un bon digestif, pour lequel il est de bon ton de partir en croisade, n’est ce pas ? Petit détail de l’histoire : il y a un siècle, c’étaient les Italiens, les Espagnols, et les Polonais qui étaient montrés du doigt et discriminés. Maintenant on ne les voit même plus comme des étrangers. Vous allez me dire, à chaque époque sa discrimination. C’est oublier que pendant la seconde guerre mondiale, 90% des Français étaient collabos et que 10% étaient soit déporté soit résistant. Et puis, à la libération, la magie s’opère et 90% des gens se retrouvent du jour au lendemain, résistants, contre 10% de collabos. En espérant qu’on ait évolué depuis ce temps là… ou pas.


Car au XXIème siècle, l’intégrisme et le populisme sont toujours omniprésents en politique. On continue à créer des ghettos, fermer les yeux sur la corruption de certains, favoriser au maximum la magouille, accuser les autres pour ne pas s’accuser soi-même. Et tout ça jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que 80% des votants n’aillent même plus voter par dégoût de l’hypocrisie d’un pouvoir qui ne défend même plus des valeurs universelles et humanistes ? Vive la démocratie !

Jouer avec les peurs des gens, c’est jouer avec le feu et prendre le risque qu’à force de trop crier au loup, on ne croit plus du tout que le loup puisse arriver. Les gestes et les mots ont un sens quand on est RES-PON-SA-BLE politique. Pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ? Arriver à un tel point de lâcheté et de manque d’honneur, c’est risquer l’internement psychiatrique. Et pendant ce temps, de plus en plus de Français logent dans la rue, perdent leur boulot, les inégalités se creusant, ils n’ont plus de repères. Et face à ça le problème c’est l’immigration ? C’est oublier que rejeter le problème sur un groupe d’individus ne fait grandir personne humainement. Le vrai problème, c’est bien l’incompétence voire même l’inaction depuis 40 ans (tout parti politique confondu) de nos politiciens actuels. Et il est grand temps que cela change, car la coupe commence à être pleine.

Regardez ce qui s’est passé dans des nations soit disant moins civilisées et soit disant intégristes. Des millions de personnes ont mis à bas sans violence et de manière pacifique, des régimes liberticides. Maintenant regardons nous.
Il est marrant de voir que lors de notre propre révolution, nous avons massacré sous le régime de la Terreur et de l’Empire des dizaines de milliers de personnes. Il est d’autant plus marrant de savoir que nous avons soutenu jusqu’à leur chute les dictateurs de cette planète (et le pire c’est que nous continuons à nous prostituer encore aujourd’hui). Et il est encore plus marrant de s’apercevoir que les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU sont les principaux trafiquants d’armes au monde. 

La moralité de tout ça ? Il n'y en a aucune. Après tout, ces politiciens, qu’on les remette dans des bateaux.

mercredi 16 février 2011

Addicts aux pétroles non-conventionnels



Aujourd'hui, nous sommes tous addicts au pétrole que cela soit pour le carburant ou des produits de grande consommation qui utilisent cette énergie. 
Le pétrole est loin d’être une énergie propre et d’avenir (et il existe de trop nombreux exemples de catastrophes liées à cette énergie qui a entrainé des dommages sociaux et environnementaux). D’ailleurs, selon un rapport scientifique du Potsdam Institute for Climate Impact Research si l’on veut garder la hausse des températures en dessous des deux degrés, moins d’un quart des réserves prouvées en fossiles (pétrole, gaz et charbon) peuvent être utilisées d’ici à 2050.
Nous sommes arrivés aujourd’hui à la croisée des chemins : nos politiciens doivent choisir entre la recherche du pétrole à tout prix ou alors le développement massif des filières renouvelables (seule solution capable d’assurer un avenir certain pour nos descendants).
Mais vu la multiplication des projets d’extraction pétrolière à travers le monde et le poids qu’exercent les lobbies de l’industrie pétrolière sur nos politiciens, on assiste à une véritable fuite en avant. Pendant ce temps, pariant sur un prix du baril du pétrole de plus en plus élevé, les industriels (qui ne font aucune ou si peu de recherche pour trouver des solutions alternatives) continuent à se gaver sur le dos des citoyens de plus en plus dépendants de cette énergie.





L'un des modes d'extraction de cet or noir les plus polluants et destructeurs pour l'environnement est utilisé pour chercher au plus profond de la Terre le pétrole dit "non-conventionnel".
Pour faire simple, il s’agit de l’extraction de pétrole mais dans des gisements difficiles d’accès comme les gisements offshores profonds et très profonds (c’est à dire au-delà de 200 mètres de profondeur), les sables et schistes bitumineux, et les huiles lourdes et extra-lourdes.

Les sables bitumineux
Il s’agit de bitume très visqueux aggloméré à du schiste et du sable, à partir duquel on produit du pétrole. Ils sont exploités dans des mines à ciel ouvert (à l’aide de pelles mécaniques et de camions géants) ou dans des gisements souterrains (forage, chauffer le bitume en injectant vapeur et solvants tout cela en profondeur, mélange de sable avec eau chaude pour le rendre moins visqueux). Tout cela pour dire que l’extraction de ce pétrole est extrêmement polluante, couteuse, et compliquée à réaliser. Les réserves de ces sables bitumineux se trouvent principalement en Amérique du Nord (état de l’Alberta au Canada), mais aussi en Amérique du Sud (Venezuela), et à Madagascar.

D'ailleurs, l’exemple le plus impressionnant se situe au Canada avec ces immenses forêts complètement décimées pour l’extraction de ce pétrole sale laissant place à d’immenses déserts, véritables paysages de fin du monde. Pour se rendre compte de l’ampleur d’une catastrophe, il est nécessaire d’avoir des chiffres précis. 
En effet chaque année, c’est jusqu'à 349 millions de mètres cubes (soit l’alimentation en eau d’une ville de 3 millions d’habitants) d’eau de la rivière Athabasca qui sont détournés par les compagnies pétrolières. 
90 % de l’eau utilisée termine dans d’immenses mares toxiques (solvants, produits chimiques: arsenic, mercure, xylène, benzène...) qui ne peuvent être recyclées, souillant rivières, les sols et probablement les océans à très court terme. 
1,8 milliard de litres de ce liquide toxique sont produits chaque jour et on estime que 11 millions de litres fuient chaque jour dans la rivière d’Athabasca.  Cette pollution est équivalente à 5000 barils de pétrole par an. Et là bas, toute la faune et la flore disparaissent.
Et si ca ne touchait que la faune et la flore… En aval de ces mines et bassins de décantation, on trouve 30% de cancers en plus que la moyenne parmi la population. Il y a même un rapport du gouvernement canadien qui a démontré que les niveaux de produits cancérigènes (arsenic, cadmium, nickel, benzène) dans les bassins de décantation ont augmenté de 30% en 4 ans. Au total, entre 2006 et 2009, l’industrie pétrolière a produit 50000 tonnes de produits dangereux avec la bénédiction du gouvernement canadien.
 
Derrière ce scandale qui dure déjà depuis plusieurs années, on retrouve nombre d’entreprises pétrolières (Exxon, Shell, Chevron, BP, Suncor, Syncrude, Statoil, et notre « champion » Total) peu scrupuleuses qui profitent de l’avarice des politiciens canadiens.
Ce sont en effet 379 milliards de dollars qui vont être investis d’ici 2025 afin de produire 4 millions de barils par jour. L’Etat canadien recevra 68 milliards de dollars par an au cours des 25 prochaines années. Et d’un point de vue économique, c’est complètement aberrant puisque le coût d’extraction des sables bitumineux est extrêmement élevé (de 20 à 50 dollars le baril soit 20 fois plus que le pétrole conventionnel). Pour que cela soit viable économiquement parlant, il faudra maintenir le prix du baril entre 70 et 100 dollars.
Mais l'extraction du pétrole des sables bitumineux reste aussi une aberration énergétique et climatique puisque pour produire un baril de pétrole bitumineux, il faut 5 barils d’eau, 2 tonnes de sable, et ½ baril de gaz. De plus l’extraction d’un baril de sables bitumineux émet jusqu’à 5 fois plus de GES qu’un baril de pétrole conventionnel. La déforestation liée à l’exploitation de ces sables a fait disparaître 3000 km2 de forêt.

Les schistes bitumineux
Les schistes bitumineux sont contenus dans des couches épaisses d’argile dans lesquelles se trouvent des fines intercalations faites de sable enfermant le pétrole dans ses pores. Pour aller extraire ce pétrole, il faut forer jusqu’à plus de 2000 mètres de profondeur en fissurant la roche dans lequel le pétrole est emprisonné en injectant de l’eau à très haute pression et des produits chimiques. Bref, énormément d’énergie gaspillée sans compter les risques de pollution des nappes phréatiques. 5 unités d’eau sont en effet nécessaires pour la production d’une seule unité de pétrole issue des schistes. Des produits chimiques sont également injectés dans les puits et diffusés sous haute pression pour fissurer la roche sous-terraine. En cas de fuite ces produits chimiques peuvent s’infiltrer notamment dans les nappes phréatiques souterraines. 
L’extraction des schistes bitumineux a pour conséquence l’émission de plusieurs polluants comme les oxydes de souffre, oxydes d’azote, des particules, ou encore du monoxyde de carbone. D'un point de vue économique, le coût d’extraction des schistes bitumineux peut varier entre 52 et 113 dollars le baril contre 6 et 39 pour le pétrole conventionnel. Cela nécessite le maintien d’un prix du baril élevé.

On pourrait croire que nous sommes épargnés par l’extraction pétrolière en France, mais ce n’est pas du tout car les schistes bitumineux sont présents en Ile de France, en Picardie, et en Champagne-Ardenne (les ressources sont évaluées à environ 65 milliards de barils). On trouve des entreprises comme Vermilion (compagnie canadienne) qui est le premier producteur de pétrole en France, mais aussi Hess Oil France et Toreador resources Corporation (le hasard veut que le vice-président de Toreador n’est autre que Julien Balkany, le demi-frère du célèbre député-maire de Levallois-Perret ami proche de Nicolas Sarkozy). Toreador procédera début 2011 à 6 forages dans le bassin parisien sachant que 8 autres sont sur le point d’être délivrés et qu’une trentaine de projets sont à l’étude.

Le débat sur le pétrole est ambitieux car il nous oblige, nous les humains, à nous interroger sur notre mode de consommation, notre mode de vie, et tout ce que l’on pourrait faire pour vivre mieux mais avec moins de besoins (et donc réfléchir à ce qui nous rendrait heureux mais de manière humaine et universelle). C’est toute une mentalité qu’il faut changer si nous ne voulons pas subir les foudres du dérèglement climatique que nous avons engendré. Le pétrole devient plus rare, plus polluant, plus risqué, plus cher. Qu’on le veuille ou non, nous devrons changer pour arriver à bâtir une société beaucoup plus respectueuse des individus et de notre planète. C’est un fait et nous sommes à l’aube de grands changements. A vous de voir, si vous voulez que cela soit en bien ou en mal.

Une carte des projets fous de l'industrie pétrolière dans le monde ICI

mardi 15 février 2011

Roméo kiffe Juliette - Grand Corps Malade



Roméo habite au rez-de-chaussée du bâtiment 3
Juliette dans l’immeuble d’en face au dernier étage
Ils ont 16 ans tous les deux et chaque jour quand ils se voient
Grandit dans leur regard une envie de partage
C’est au premier rendez-vous qu’ils franchissent le pas
Sous un triste ciel d’automne où il pleut sur leurs corps
Ils s’embrassent comme des fous sans peur du vent et du froid
Car l’amour a ses saisons que la raison ignore

Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo
Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo
Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes
Un amour, du courage et deux enfants hors des normes

Juliette et Roméo se voient souvent en cachette
Ce n’est pas qu’autour d’eux les gens pourraient se moquer
C’est que le père de Juliette a une kippa sur la tête
Et celui de Roméo va tous les jours à la mosquée
Alors ils mentent à leurs familles, ils s’organisent comme des pros
S’il n’y a pas de lieux pour leur amour, ils se fabriquent un décor
Ils s’aiment au cinéma, chez des amis, dans le métro
Car l’amour a ses maisons que les darons ignorent


Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo
Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo
Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes
Un amour, du courage et deux enfants hors des normes

Le père de Roméo est vénèr, il a des soupçons
La famille de Juliette est juive, tu ne dois pas t’approcher d’elle
Mais Roméo argumente et résiste au coup de pression
On s’en fout papa qu’elle soit juive, regarde comme elle est belle
Alors l’amour reste clandé dès que son père tourne le dos
Il lui fait vivre la grande vie avec les moyens du bord
Pour elle c’est sandwich au grec et cheese au McDo
Car l’amour a ses liaisons que les biftons ignorent

Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo
Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo
Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes
Un amour, du courage et deux enfants hors des normes

Mais l'histoire se complique quand le père de Juliette
Tombe sur des messages qu’il n’aurait pas dû lire
Un texto sur l’i-phone et un chat Internet
La sanction est tombée, elle ne peut plus sortir
Roméo galère dans le hall du bâtiment 3
Malgré son pote Mercutio, sa joie s’évapore
Sa princesse est tout prêt mais retenue sous son toit
Car l’amour a ses prisons que la raison déshonore
Mais Juliette et Roméo changent l’histoire et se tirent
A croire qu’ils s’aiment plus à la vie qu’à la mort
Pas de fiole de cyanure, n’en déplaise à Shakespeare
Car l’amour a ses horizons que les poisons ignorent

Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo
Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo
Un amour dans l’orage, celui des dieux, celui des hommes
Un amour, du courage et deux enfants hors des normes

Roméo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo
Et si le ciel n’est pas clément tant pis pour la météo
Un amour dans un orage réactionnaire et insultant
Un amour et deux enfants en avance sur leur temps.